Allier développement web et musique ? C’est possible !

Publié le 02 février 2022

Temps de lecture 11 minutes

De Sydney à Bruxelles, et de la musique au développement web, Tim a parcouru un petit bout de chemin pour assouvir sa passion ! Retour sur son parcours de musicien, producteur et ingénieur du son avant d’intégrer la Wild Code School.

De la musique au développement web

Salut Tim ! Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel a été ton parcours avant de rejoindre la Wild Code School ?


Bonjour ! Je m'appelle Tim Coggins et je viens de Sydney, en Australie. J'ai déménagé à Bruxelles il y a maintenant 3 ans. Avant de rejoindre la Wild Code School, j'ai travaillé en tant que musicien professionnel, producteur et ingénieur du son. J'ai étudié au Sydney Conservatorium of Music et je joue du trombone, du piano, du synthétiseur modulaire et de la basse.


Même si la musique a occupé une partie prédominante dans ma vie, j'ai toujours été intéressé par la technologie et j'utilise des ordinateurs pratiquement depuis toujours. Quand j'étais adolescent, j'ai commencé à utiliser les ordinateurs pour créer de la musique et je me suis également formé à C++. J'ai grandi avec les instruments mécaniques que mes parents réparaient. Ces instruments autonomes m'ont finalement donné envie de continuer avec le synthétiseur modulaire (une sorte d'ordinateur analogique pour faire de la musique).


Pourquoi as-tu choisi de te reconvertir dans le domaine de la tech ?


La technologie a toujours été une de mes passions. Je peux m'asseoir et bidouiller pendant des heures. Je ne vois pas vraiment cela comme une reconversion, mais plutôt comme l'ajout du développement web à ma liste de compétences. :)


La pandémie a été un réel coup dur pour les musiciens, puisque quasiment toutes les activités musicales se font en physique.


Du côté professionnel, j'ai commencé à m'ennuyer un peu en tant que producteur. Bien que l'on puisse travailler sur des projets fun, intéressants et créatifs (ce que je fais toujours à côté !), de nombreux projets consistent souvent à copier un style et à s'intégrer à l'existant plutôt qu'à essayer de créer quelque chose de nouveau.


Avec l'essor des réseaux sociaux au cours de la dernière décennie, faire de la musique commençait à ressembler à une usine de création de contenu pour booster la popularité des artistes. L'époque où les musiciens ou chanteurs devenaient connus pour la qualité de leur musique, et non l'inverse, me manque.


Je pense que les gens voient souvent la musique comme un domaine dans lequel on est soit totalement à la page, soit totalement hors contexte. Avec l'expérience, j'ai constaté que certains des meilleurs morceaux que j'ai pu écouter avaient été réalisés par des personnes qui font de la musique par passion, et les moins bons par des "professionnels de l'industrie".


Tu suis actuellement la formation développeur web de la Wild Code School. Comment cela s'est-il passé jusqu'à présent et quels sont les projets sur lesquels tu travailles ?


Avant de débuter ma formation, j'ai commencé à manipuler certaines technologies telles que VueJS et à suivre des cours en ligne, mais mes connaissances de base n'étaient pas encore assez solides et la résolution de problèmes simples me prenait des heures. La formation à la Wild Code School a nettement renforcé mes bases en développement web, au point de me permettre d'utiliser de nouvelles technologies rapidement et de donner vie à mes idées et mes projets.


Nous sommes actuellement en train de réaliser notre troisième projet de la formation, notre projet client, en partenariat avec une entreprise italienne appelée TechBricks. J'ai travaillé sur le backend en utilisant Typescript et NestJS. La courbe d'apprentissage qui en découle est assez importante, et la formation m'a beaucoup appris !


En dehors des projets de la formation, j'ai également créé des applications liées à la musique pendant mon temps libre. Par exemple, Metronomical est un métronome programmable pour pratiquer les mesures impaires, et un générateur de gammes pour en créer de nouvelles basées sur les méthodes de Nicolas Slonimsky. Vous pouvez tout retrouver sur mon github.


Musique et tech : un avenir fructueux ?

Concentrons-nous maintenant sur ton côté musicien ! Qu’est-ce que tu penses de notre culture musicale actuelle ?


L'une des choses que j'ai remarquées est que la musique semble devenir de plus en plus homogène. C'est génial que la technologie ait pu mettre de véritables studios d'enregistrement virtuels entre nos mains et que les services de streaming musical permettent d'écouter (presque) tout ce que l'on veut quand on veut. Cependant, de nombreuses personnes avec qui j'ai pu discuter m'ont dit qu'il était devenu plus difficile de découvrir de nouvelles musiques sur des plateformes telles que Spotify, par exemple. Tout le monde semble un peu perdu et les suggestions de chansons alimentées par l'IA ne sont pas toujours adéquates.


Je constate que si la technologie a rendu le processus de création musicale plus accessible à tous, il n'y a pas eu de révolution créative ou culturelle aussi importante récemment. Par exemple, un grand nombre d’artistes actuels recréent la pop des années 80, dont la création était à l'époque longue et coûteuse. Si l'on compare la façon dont la technologie a changé notre mode de vie et notre façon de faire de la musique, il est intéressant de voir qu'au lieu d'utiliser cette technologie pour initier la créativité, il semble que l'utilisation de cette dernière dans le secteur musical serve souvent à reproduire les sons d'hier, mais plus rapidement et avec moins de difficultés.


L'autre innovation intéressante apportée par la technologie est la "correction" excessive des imperfections. De la même manière que les smartphones modernes lissent automatiquement notre peau lorsque nous prenons un selfie, supprimer ces imperfections de la musique enlève ce qui rend un artiste unique. J'ai découvert que lorsque je produis d'autres artistes, leur montrer comment conserver et manipuler ces imperfections peut être une expérience libératrice qui, au final, donne un son plus authentique.


Il est également intéressant de voir comment les gens interagissent avec la musique dans leur vie quotidienne. La musique est désormais omniprésente : au supermarché, dans les gares, au travail, dans les transports, etc. Nous sommes saturés de musique comme aucune génération précédente n'en a fait l'expérience. Au XIXe siècle, un mélomane aurait eu la chance d'entendre sa symphonie préférée une ou deux fois seulement au cours de sa vie. Je dirais qu'une grande partie de la musique produite aujourd'hui est essentiellement de la musique de fond ou d’ambiance. La popularité croissante des playlists lo-fi hiphop de 10 heures sur YouTube en est le reflet. Cette musique est faite pour que vous la laissiez tourner et que vous n’y prêtiez pas vraiment attention. Mais si vous l'écoutez attentivement, il ne se passe pratiquement rien. Ces playlists sont un bon exemple de la façon dont la musique est de plus en plus choisie pour sa fonction et son caractère commercial, et non pas pour ses qualités musicales.


Cela dit, je pense que l'avenir de la musique, comme nous l'avons vu à plusieurs reprises au cours de l'histoire, se rebellera contre ce qui a précédé. De la même manière que le grunge a pu être considéré comme une rébellion contre le glam et le hair metal, j'espère voir un retour à l'authenticité musicale au cours de la prochaine décennie.


Peux-tu nous en dire plus sur ton projet ? 


Mon projet s'appelle Unethical Machines, qui sortira son premier album plus tard cette année. Le nom Unethical Machines vient de ma relation "je t'aime moi non plus" avec la technologie. Je trouve que beaucoup de nouvelles avancées technologiques sont en quelque sorte "surestimées" sans réellement prendre en considération leurs conséquences négatives. Les problèmes de confidentialité et l'impact environnemental / greenwashing en sont deux exemples. La standardisation de tout, littéralement, est un autre point négatif lorsqu'il s'agit de créativité, car la prévisibilité des machines n'est, par nature, pas du tout humaine. J'ai donc commencé à m'intéresser à l'utilisation des instruments électroniques comme moyen d'explorer des territoires inconnus et c'est de là qu'"Unethical Machines" est né.

Ayant une formation en improvisation, j'essaie depuis longtemps de trouver un moyen de jouer et d'improviser avec des instruments électroniques.

J'ai été initié au synthétiseur modulaire en 2010 lorsque j'ai trouvé un vieux Roland System 100. Un synthétiseur modulaire est un instrument qui crée des sons électroniques en connectant différents circuits ou modules entre eux, engendrant ainsi des paysages sonores qui évoluent constamment dans le temps.

Cela signifie qu'il s'agit d'un instrument aux possibilités quasi infinies et qu'il est presque impossible de recréer un son deux fois de la même manière. Pour moi, cet instrument est comme un organisme vivant avec lequel je peux improviser.

Voici un exemple d'improvisation utilisant uniquement le synthétiseur modulaire. Tout a été fait en temps réel :

Cet album a été créé pendant la pandémie à Sydney et à Bruxelles. Je voulais que la musique soit au début perçue comme une musique de fond, mais qu'au fur et à mesure de l’écoute, on commence à remarquer de plus en plus de détails jusqu'à ce que l'on soit complètement immergé par la mélodie. Le synthétiseur modulaire et ses textures évolutives jouent un rôle important ici, et les autres instruments tels que le piano et les cors interviennent pour finalement relier les choses les unes avec les autres.


Je commence déjà à prévoir quelques concerts pour l'été où je me produirai avec mon synthé modulaire et mon piano. Vous pouvez rejoindre la liste de diffusion sur mon site web pour ne manquer aucune info !


Les mots de la fin : avenir professionnel et conseils pour les futurs Wilders

En dehors de ton projet, comment envisages-tu ton avenir professionnel après ta formation à la Wild Code School ?


  • J'aime tout faire ! Mais j'aimerais surtout continuer à travailler dans le backend.
  • Idéalement, à ce stade, j'aimerais rejoindre une start-up ou une petite équipe. J'aime l'idée d'être engagé dans d'autres aspects de l'entreprise et d'utiliser la technologie pour résoudre des problèmes. Je pense également que cela permet aux développeurs de s'approprier davantage le codebase.
  • J'aimerais aussi m'initier à Rust et à l'assemblage web pour construire des outils audio qui peuvent être exécutés correctement dans le navigateur.

Merci beaucoup pour toutes tes réponses ! Quels sont les derniers conseils que tu donnerais aux personnes intéressées par le domaine du développement web mais qui n'osent pas encore sauter le pas ?


Assurez-vous d'être le genre de personne qui aime s'asseoir devant un ordinateur 12 heures par jour ! Vous pouvez presque tout apprendre, il suffit seulement d'être curieux et patient.


Pour aller plus loin…


Si, comme Tim, vous souhaitez vous reconvertir dans le développement web, on vous invite à débuter gratuitement et en ligne avec notre cours prépa Développeur web !