L'apprentissage à vie pour réussir sa carrière professionnelle

L'apprentissage à vie pour réussir sa carrière professionnelle

Publié le 25 juin 2019

Dernière modification le 18 juillet 2019

Temps de lecture 7 minutes

Selon une étude Dell, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore… Tout est à apprendre, tout est à faire, tout est à construire et c’est une bonne nouvelle ! Avec les changements rapides qui s’opèrent sur le monde du travail, j’ai voulu comprendre les enjeux que cela représente pour notre avenir professionnel et connaître la clé d’une carrière réussie dans ce contexte transitoire.

Le progrès numérique révolutionne le monde du travail 

La technologie a toujours influencé nos environnements de travail et nos métiers (il n’y a qu’à voir l’électricité et l’informatique…). Aujourd’hui, le Big Data, le cloud, l'internet des objets, les robots, l'automatisation, la vidéo, les plates-formes de collaboration et les autres technologies changent notre façon de travailler et de vivre. Le numérique détruit et crée des emplois, mais surtout en transforme.

Psydesigner, courtier en données personnelles, éleveur de robots, expert en simplicité… Autant de métiers curieux que nous pourrions tous exercer d’ici quelques décennies. La semaine dernière, un ami me confiait qu’il aimerait devenir “scénariste chatbot”. Vous connaissez ? Non ? C’est normal, ce métier est tout juste en train d’être inventé, tout comme une multitude de nouvelles professions qui font appel à de nouveaux assortiments de compétences.

 

Vers une montée en compétences des employés

L’impact de cette automatisation sur l’emploi et sur l’activité des entreprises est au centre des préoccupations. La main d’oeuvre redoute le jour où les robots prendront sa place dans l’entreprise. Pourtant, les résultats de nombreuses études montrent que l’automatisation permettra en réalité de supprimer les tâches les plus pénibles et répétitives du quotidien pour se concentrer sur des domaines de compétences plus humains : Cette étude démontre que l’IA va prendre en charge les tâches intellectuelles répétitives pour nous permettre de parier sur nos points forts, nos qualités les plus humaines : improvisation, création, jugement critique et empathie.

Concrètement, pendant que les demandes pour les compétences physiques et manuelles diminuent, celles pour les compétences cognitives, de créativité, de gestion de projet, etc… se multiplient, ouvrant ainsi une multitude de nouvelles opportunités professionnelles. Les compétences sociales et émotionnelles quant à elles, se retrouvent également projetées au devant de la scène (capacité à négocier, à manager, à prendre soin des autres, mais aussi à former et à enseigner).

 

La formation initiale laisse place à l’accompagnement à vie

Aujourd’hui, trop peu d’employés possèdent les compétences nécessaires pour avoir des carrières plus enrichissantes dans un monde où la croissance technologique ne cesse de s’accélérer. En témoigne la pénurie de main d'oeuvre dans le numérique. Les besoins sont immenses et les candidats à même de pourvoir les postes ouverts sont insuffisamment nombreux ou pas assez qualifiés.

Pour répondre à cette problématique, Anna Stépanoff, fondatrice de la Wild Code School, a elle-même innové dans ce domaine en proposant un cursus original en 5 mois. Une pédagogie imaginée sur le principe des “méthodes agiles” pour la formation de spécialistes Tech : “Évoluant dans un environnement en mouvement et turbulent, nous sommes obligés de devenir plus adaptables, plus flexibles et d’évoluer beaucoup plus vite qu’hier. Nous formons des spécialistes qui apprennent à s’adapter aux changements en continu du marché et des outils. En apprenant à apprendre, ils sont autonomes, ils mettent à jour leurs connaissances en permanence et se valorisent ainsi sur un marché de l’emploi en transition.”

Pour Anna Stépanoff, “notre système de formation va s’orienter vers moins de formation initiale et plus de formations tout au long de la vie.” Les métiers évoluent et les compétences nécessaires pour exercer un même métier évoluent en même temps (ne serait-ce que pour utiliser les nouveaux outils et nouvelles techniques). Au cours d’une vie, les employés seront amenés à évoluer en terme de compétences mais ils pourront également être amené à changer de secteur. Nous sommes bien loin de l’époque où l’on passait toute sa vie à un poste au sein d’une même entreprise.

 

L’apprentissage et le renouvellement tout au long de la vie

C’est donc tout naturellement que de nouveaux modèles d’apprentissage et d’accès à la connaissance voient le jour. Aujourd”hui, 2 formats commencent à prendre leurs quartiers dans nos habitudes :

  • Un format quotidien soit 15 minutes par jour : on apprend quelque chose tous les jours. Beaucoup de solutions apparaissent. Gymglish développe par exemple des solutions pour l’apprentissage des langues sous forme de cours en ligne ludiques, concis et personnalisés.
  • Un format plus long et itératif : 1 fois tous les 5 ans par exemple, les professionnels seront amenés à prendre du recul sur leur métier (ce que je fais), leurs objectifs de vie (ce vers quoi je veux aller) et le marché (le contexte dans lequel j’évolue) pour faire des sortes de “mini-reconversions professionnelles”. À la suite de cette réflexion et pour répondre à ses besoins identifiés, chaque personne pourra suivre une formation personnalisée de “reskill” (apprendre des compétences nouvelles) et/ou “upskill” (améliorer/mettre à jour des compétences existantes).

L’apprentissage à vie serait donc devenu la clé indispensable pour rester employable sur l’ensemble d’une carrière, mais également pour se réaliser et s’épanouir professionnellement tout au long de cette même carrière.

Les gouvernements l’ont bien compris. En France, l’état a créé un «compte personnel de formation» qui prévoit des heures de formation que les travailleurs peuvent conserver, même après avoir perdu leur emploi ou en avoir changé, et qui peut être transféré d’un employeur à l’autre. À l’échelle de l’Europe, le projet du “individual learning account” serait en préparation.

 

Quel avenir pour l’entreprise ?

Devant ces changements de compétences, les entreprises se doivent aussi de réinventer leur modèle d’organisation en interne. Côté employeur, le leadership et les ressources humaines s’adaptent au marché : pour convaincre les talents à l’embauche, les structures devront renforcer leur flexibilité interne. Le télétravail, la formation, la prise en charge… Autant d'initiatives qui deviennent indispensables pour les employés.

La vision du travail évolue également. Actuellement le fait de changer de mission régulièrement est vu comme « instable » par la majorité. En France, par exemple, on considère encore que le seul contrat de travail valable est le CDI, toutes les autres formes d’emploi sont vues comme précaires ou atypiques (CDD, contrat intérimaire…). À l'avenir, il est possible que les missions à durée déterminée deviennent la “norme” pour une population d’employés en renouvellement perpétuel. La polyvalence sera reine et, savoir changer de mission/entreprise/secteur régulièrement deviendra une force.

 

Pas une minute à perdre, pour anticiper les nouveaux défis qui se posent déjà aux travailleurs, à toi de jouer, prends un moment pour réfléchir à ton métier, tes objectifs de vie et à l’évolution du marché de l’emploi sur ton secteur. Ne serait-ce pas le bon moment pour une première “mini-reconversion professionnelle” ?

 

Après tout, on le sait bien, la seule constante dans la vie c'est le changement 🙂