Mercateam, la startup qui met la révolution digitale au service de l'industrie

Publié le 23 juillet 2021

Temps de lecture 8 minutes

Mercateam a fait le choix de recruter un Wilder en alternance depuis novembre 2020. Installée à Station F, la start-up propose une plateforme de gestion des compétences dans l’industrie. Nous nous sommes interrogés sur le rôle spécifique du développeur web en start-up et sur la digitalisation du secteur de l’industrie. Adrien Laurentin, co-fondateur de Mercateam, a accepté de nous présenter l’entreprise, et de répondre à nos questions.


Mercateam, la révolution digitale et le secteur de l'industrie


Comment vous est venue l’idée de Mercateam ?


L’idée est venue d’un constat simple. Cela fait des dizaines d’années que la France subit l’externalisation des usines et de son savoir-faire dans les pays à faible coût du travail, faisant passer le poids du PIB français dans l’industrie de 20% à 10%. Dans un monde où la production se complexifie et les produits ont toujours plus d’aspects techniques, la révolution du digital offre d’incroyables opportunités pour redevenir compétitif à l’échelle internationale. Avec mon associé Kévin Rouvière, nous étions persuadés de pouvoir améliorer l’autonomie, la polyvalence et les compétences des opérateurs en usine grâce à un outil qui centraliserait toutes ces informations et processus. En faisant un SAAS accessible à tous les managers et fonctions support, notre objectif était de rendre les opérateurs français encore plus productifs et compétents pour répondre à cette concurrence internationale accrue.



Lorsque l’on parle start-up, entrepreneuriat ou digital, on pense rarement au secteur de l’industrie. Pourquoi avoir choisi de vous investir dans ce secteur ?


Mon associé Kévin Rouvière vient d’une famille ouvrière et a travaillé longtemps dans le secteur, il avait donc conscience de l’impact qu’il était possible d’avoir sur le quotidien des opérationnels. Pour ma part, je souhaitais, après plusieurs expériences entrepreneuriales, monter une entreprise qui règle des problèmes concrets, une entreprise qui fait avancer les choses. D’accord sur nos valeurs, nous l’étions tout autant sur la place de l’industrie en France. Cela nous attriste, mais il est commun de croire que l’industrie française est en déclin et qu'il n'y a plus rien à faire face à l’Asie et son faible coût du travail. La réalité est tout autre et nous en étions persuadés, la France peut s’appuyer sur un savoir-faire reconnu à l'échelle internationale et cela dans tous les secteurs (pharmaceutique, agroalimentaire, aéronautique, luxe...). Cet avantage concurrentiel, associé aux nouvelles technologies, va donner un nouveau souffle à l’industrie. 67% des usines françaises l’ont d’ailleurs déjà compris et entamé leur transformation digitale. Ces nouveaux enjeux imposent à tous les secteurs de faire monter en compétences au plus vite leurs opérateurs pour répondre aux besoins de l’usine 4.0, tout en les valorisant et en optimisant l’affectation sur poste. Autant d’actions et de processus que Mercateam permet de faire.



Vous proposez une plateforme pour mieux gérer les compétences dans les industries. Le digital est donc essentiel dans votre activité. Qu’apporte le digital à l’industrie selon vous ?


D’abord, il est important de préciser que l’industrie était jusqu’à aujourd’hui un secteur très peu mature en termes de digital. Les excels, le papier et la communication orale sont omniprésents. Le digital représente donc des millions d’heures de gagnées pour les équipes de ce secteur afin qu’ils se concentrent sur les tâches à forte valeur ajoutée. C'est aussi donner à tout le monde accès aux mêmes informations, et enfin traiter une donnée des actions terrain pour s’améliorer, ce qui est impossible sur Excel.


Attention toutefois, nous pensons que le digital doit épauler le collaborateur et non le remplacer afin d’accroître sa productivité. Dans le cas de Mercateam, digitaliser les usines permet de reconnaître, favoriser et développer les compétences des employés de terrain et d'améliorer leur polyvalence. La cartographie des compétences et habilitations du terrain permet également de mieux gérer la planification.


Pour vous donner du concret, déployer Mercateam permet de supprimer 30 fichiers word et 40 excels toutes les 100 personnes, diviser par 4 le temps de formation, et économiser 5 heures par semaine sur la conception du planning.



Mercateam est une jeune start-up qui a fêté ses 1 an en mars dernier. Selon vous, quelles sont les compétences et les qualités propres à un développeur dans une jeune start-up à son démarrage puis dans sa phase de croissance ?


Notre anniversaire était en avril, ne nous vieillissez pas ! Plus sérieusement, il est évidemment nécessaire d’avoir une bonne maîtrise des concepts de la programmation mais dans une start-up en phase de croissance, nous avons également besoin de quelqu’un d’autonome, capable de challenger, d’apprendre et de solutionner rapidement. J’ajouterai à cela qu’il faut bénéficier d’un certain sens de l’observation, car lorsque l’on travaille sur une plateforme en phase de développement il faut être capable de détecter les éventuels bugs ou problèmes rencontrés.


Mercateam, la Wild Code School et le développement web


Vous avez choisi de recruter un de nos Wilders de la formation développeur web en alternance. Quelle plus-value voyez-vous à accueillir un alternant, et plus particulièrement un alternant en reconversion professionnelle ?


L’intérêt de recruter un développeur en alternance est double. Cela permet tout d’abord de former la personne aux méthodes de travail de l'entreprise, lui apprendre un métier et l'intégrer à la vie et à la culture de celle-ci, le tout constituant une forme de pré-recrutement afin de nous assurer que notre recrue trouvera une place de choix dans l’entreprise. D’autre part, cela nous permet de bénéficier des compétences acquises tout au long de sa formation lorsqu’il passe en contrat long terme.


Dans le cas de  Louis, son expérience en tant que manager dans la restauration lui a permis d'associer les problèmes de ce secteur à celui de l’industrie. En effet, un manager d’usine doit à la manière d’un manager de restaurant jongler entre les absences, les compétences des opérationnels et le planning long terme. Louis a donc tout de suite associé son expérience aux enjeux de Mercateam et avec sa rigueur de travail cela lui a fait obtenir un CDI !



Mercateam prête une attention particulière aux retours clients et propose une solution personnalisée et évolutive. De nouvelles fonctionnalités sont régulièrement ajoutées. Comment cela se gère-t-il du côté du développement web ?


Tout part de l'User Research. On développe rarement des fonctionnalités spécifiques à un client, on préfère identifier un besoin commun à l'ensemble de nos partenaires. À partir de là, l'objectif c'est de faire de la recherche utilisateur pour comprendre le cœur du problème et ainsi trouver une réponse transversale qui va répondre aux enjeux de chacun.


Dans la foulée, on modélise une solution (sans la coder), pour laquelle on va s’appuyer sur des retours clients afin de savoir s’il est intéressant de la produire.


Si c’est le cas, on va développer cette solution en un temps record. L'important est alors d'avoir une méthodologie agile permettant aux différents membres de l'équipe de travailler sur différents composants d'une fonctionnalité, dans le but d'améliorer les fonctionnalités existantes tout en en poussant de nouvelles.



Merci pour toutes ces réponses ! Avez-vous un dernier mot pour toutes les personnes qui souhaitent plonger dans le grand bain et concrétiser leurs projets d'entrepreneuriat ?


Le plus important n’est pas de créer une boîte simplement pour créer une boîte. Je vous conseille d’essayer au maximum de créer une entreprise qui a du sens, pour vous comme pour les autres. Dès lors, vous aurez la motivation nécessaire pour vous jeter dans le grand bain et traverser toutes les épreuves de l'entrepreneuriat jusqu’à la réussite du projet.


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